Chronique : Basement - Wired
Les Britanniques de Basement avaient un chemin tout tracé pour un succès massif : après des premiers pas très remarqués dans la scène pop punk et post-hardcore sur leurs deux premiers albums, I Wish I Could Stay Here (2011) et Colourmeinkindness (2012), ils ont pris un virage un peu plus pop sur Promise Everything (2016). Ce qui leur a valu une signature chez un label nettement plus majeur ensuite : Fueled By Ramen. Avec un contrat pour un quatrième album, Beside Myself, sorti en 2018, qui jouait habilement de leurs influences hardcore tout en évoluant clairement dans une direction emo alternatif, les fans et la presse étaient unanimement conquis et voyaient déjà en eux les prochains Jimmy Eat World, avec de très beaux jours à l'horizon. Et pourtant, peu après la sortie de ce quatrième disque, Basement disparaît entièrement et volontairement, à l'aube de leur explosion populaire.
Après presque une décennie de silence radio et un regain de popularité
inattendu (merci à TikTok, pour changer, pour le buzz de leur ancien single
"Covet"), les Britanniques reviennent donc en 2026 avec un retour inespéré et
dévoilent Wired. C'est aussi un retour marqué par les retrouvailles avec leur premier label
indépendant, Run For Cover, qui a suivi le groupe pour leurs trois premiers
disques : on sent que leur séjour chez un énorme label n'aura pas été une
expérience plaisante pour eux, et qu'ils souhaitent renouer avec leurs racines
sur ce nouveau long-jeu.
Le frontman Andrew Fisher et le guitariste Alex Henery se sont
confiés de manière très transparente sur cette période avec Fueled By Ramen,
qui leur a laissé "un goût vraiment bizarre et amer dans la bouche".
Soyons clairs, Beside Myself était un excellent album, mais visiblement
pas pour le groupe qui n'a pas apprécié le contrôle qualitatif du label et la
pression corporate. C'est donc ce qui aura poussé Basement à quitter les
projecteurs pour se concentrer sur d'autres projets et remettre en question
leurs ambitions. Mais que vaut donc ce grand reset créatif ?
"Time Waster" ouvre l'album avec spontanéité ; malgré un sentiment de
retour en arrière, la production moderne donne de la pêche au morceau pour
éviter un sentiment de déjà -vu trop prononcé, avec des paroles bien remontées
qui sonnent comme un petit pique envers Fueled By Ramen : "We gave it all with opened arms and innocent devotion, we had the world but
got it wrong, we barely knew ourselves." Le message est plutôt clair. Le single titre, "Wired", dans le même
style, revient sur ce que les fans apprécient le plus chez les Britanniques
avec un son plus heavy tout en restant sensible, mais surtout avec des
imperfections : le chant ne cherche pas à tenir toutes ses notes et renoue
avec leurs racines plus hardcore époque Colourmeinkindness, avec un
refrain rentre-dedans et criard.
Ce côté imparfait est clairement volontaire, comme une reprise de contrôle
sur le son qui leur avait échappé. "Pick Up The Pieces" et
"Sever" en sont de bons exemples aussi, avec un côté un peu garage rock
et un mix vocal bien abrasif, comme un coup de neuf sur du vieux, mais ça
fonctionne parfaitement bien et fera plaisir aux fans de la première heure.
Toujours dans l'optique de moderniser leurs racines, des titres pop rock comme
"Deadweight" et "The Way I Feel" apportent une énergie moins
chaotique et plus catchy, une approche plus conventionnelle mais qui aide
vraiment à donner de la consistance à la tracklist. Mention honorable pour
"Satisfy" qui représente bien cet entre-deux d'emo rock et de pop au
refrain entêtant.
Car oui, si le virage plus pop du groupe sur l'album Promise Everything
ne vous avait pas particulièrement dérangé, ces influences sont toujours
présentes sur ce comeback. Si la pression d'un label majeur était une chose,
jouer avec la pop a toujours fait partie de l'identité de Basement, et c'est
franchement tant mieux, car ils le font toujours aussi bien. Le single "Broken by Design" vient évidemment à l'esprit, clairement le titre le plus poppy et
sing-along du disque, mais aussi l'un des meilleurs par sa simplicité
irrésistible. Dans la même veine, "Head Alight" et "Longshot", toujours
aussi radio-friendly, s'avèrent être de très belles ballades pop rock et
prouvent l'aisance avec laquelle Basement joue de ses éléments plus soft et
catchy (et ce pourquoi les labels leur faisaient les yeux doux).
Plus qu'un retour aux sources, Wired est plutôt un album rétrospectif qui
revient sur l'ensemble du catalogue des Britanniques avec plus d'expérience
et de modernité, et aussi de la maturité après une expérience des spotlights
qui les aura fait prendre un hiatus prolongé. L'album aura réussi Ã
impressionner les charts UK tout en restant sur un label indépendant et avec
un contrôle créatif libre, et c'est amplement mérité. Que vous soyez plutôt
fan de leurs débuts aux structures hardcore ou de leur revirement pop en
milieu de parcours, Basement fera plaisir à tout le monde avec Wired sans
jamais vous donner un sentiment de réchauffé et montrant une réelle
intention d'avancer… si ont pouvait simplement éviter une autre décennie
pour le prochain disque.
Eddy F
Note du rédacteur : 4/5
1. TIME WASTER
2. WIRED
3. DEADWEIGHT
4. BROKEN BY DESIGN
5. PICK UP THE PIECES
6. EMBRACE
7. SEVER
8. THE WAY I FEEL
9. SATISFY
10. HEAD ALIGHT
11. LONGSHOT
12. SUMMER’S END
2. WIRED
3. DEADWEIGHT
4. BROKEN BY DESIGN
5. PICK UP THE PIECES
6. EMBRACE
7. SEVER
8. THE WAY I FEEL
9. SATISFY
10. HEAD ALIGHT
11. LONGSHOT
12. SUMMER’S END

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