Breaking News

Chronique : Evanescence - Sanctuary


Autant couper court tout de suite : contrairement à ce qu'on entend un peu partout, Sanctuary n'est pas un Fallen 2.0. Dans l'histoire d'Evanescence, il n'en a jamais été question, parce que même si les albums se suivent, aucun d'entre eux ne se ressemble. Evanescence est un groupe qui aime prendre son temps entre les disques, c'est pourquoi nous voilà déjà 5 ans après The Bitter Truth, qui lui-même succédait à l'album éponyme sorti 10 ans plus tôt.

La particularité du groupe est qu'il est presque inclassable. Du rock ? Du nu metal ? Pas vraiment. Du metal symphonique? Du gothique ? Pas tout à fait… Finalement, Evanescence fait du Evanescence et c'est très bien comme ça. 

La chanteuse Amy Lee et ses potes sortent donc de leur tanière pour nous offrir un nouvel album nommé Sanctuary, le cinquième du groupe (sixième si on compte Origin). Ce dernier démarre avec "Beautiful Lie" par un question/réponse entre la voix d'Amy et un combo lourd de guitare et de basse, avant d'enchaîner avec un premier refrain dont seul eux ont le secret. On accélère le tempo sur le morceau suivant, "Tell Me When You Had Enough", tout en gardant la même trame… plus aucun doute possible, Evanescence est de retour ! 



Vient alors "Who Will You Follow", un des deux morceaux déjà sortis, titre qui traite de l'importance de revenir à des choses concrètes, plutôt que de se fier à la désinformation des réseaux sociaux matraquée à coups d'IA. Ce thème est le fil rouge de l'album, abordé dans la plupart des morceaux mais sous des angles différents. Autre chanson qu'on connaissait déjà, "Afterlife", présente sur la BO de la série Netflix Devil May Cry, avec son intro en arpèges : un plaisir d'entendre la main se déplacer sur le manche de guitare. Deux titres qui nous rappelaient le Evanescence puissant et émouvant des débuts, pour notre plus grand plaisir. On enchaîne jusqu'ici les tubes avec des sonorités à la fois lourdes et modernes, sur lesquelles le piano à queue a laissé place au synthé, du moins, pour le moment. Confirmation avec le titre éponyme (et son break ravageur), où la recette est la même : gros riff, basse lourde, prod moderne, le tout construit autour de la voie d'Amy.

Mais sans piano, ce ne serait pas vraiment Evanescence, et rassurez-vous, il arrive et de la meilleure des manières sur la ballade "How Do I Heal" : frissons garantis, nous voilà revenus au temps d'Origin, avec la voix si pure et torturée d'Amy. Le coup de grâce viendra avec "About Us", un condensé de ce que le groupe sait faire de mieux : du piano, de grosses basses, de la modernité et toujours cette pureté dans la voix. En parlant de basse, c'est le premier album avec Emma Anzai ; et elle donne une nouvelle dynamique aux sonorités. Il est vrai qu'hormis ce changement, le line-up du groupe semble enfin avoir une bonne stabilité.

De la modernité certes, mais par petites touches : les premières secondes de "Calm Down" semblent sortir tout droit de l'univers de The Open Door, avant un virage à 180 degrés avec des ambiances plus lourdes et electro, la prod de Jordan Fish se faisant clairement sentir. Il en va de même pour le morceau suivant, "Self Destruct", qui flirte avec les sonorités de That's The Spirit (album de Bring Me The Horizon), mais la voix d'Amy nous ramène tout de suite dans l'univers d'Evanescence. 

Dans diverses interviews, elle a déclaré avoir puisé dans le passé du groupe pour composer les nouveaux morceaux. On y retrouve des ambiances dignes d'Origin, Fallen ou encore The Open Door, mais là encore, par petites touches. Quand à Amy, elle n'a rien perdu de son talent, que ce soit au piano ou au chant ; confirmation avec la 2ème ballade hyper émouvante, "Forever Without You". 

Evanescence nous livre un somptueux nouvel album avec Sanctuary ! Peut-être que pour certains, tout ne sera pas parfait, mais il est porté par une Amy Lee sensible et torturée, plutôt inspirée et bien accompagnée par la production jeune et moderne de Jordan Fish et Zakk Cervini, ajoutant une nouvelle pièce solide à la discographie du groupe. "Quand on se laisse aller à la douleur, on découvre qui l'on est (…) le cÅ“ur grand ouvert faisant briller la lumière qui est en nous"Le groupe continue donc de tracer sa route comme il l'entend, sachant piocher dans son passé ce qui en faisait la saveur, sans y rester bloquer ni se faire distancer !

Note du rédacteur : 4,5/5

Pastaga 

1. Beautiful Lie
2. Tell Me When You've Had Enough
3. Who Will You Follow
4. Rapture
5. Afterlife
6. Sanctuary
7. How Do I Heal
8. About Us
9. Calm Down
10. Self Destruct
11. Forever Without You
12. Wide Open Heart

Aucun commentaire