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Chronique : The Dirty Nil - Free Rein To Passions


Quatrième album pour les Canadiens à la bonne humeur infatigable de The Dirty Nil, donnant suite au fortement sympathique Fuck Art sorti en 2021. Après le départ amical du bassiste de longue date Ross Miller et un single indépendant, "Bye Bye Big Bear", sorti dans la foulée (lettre d'adieu composée en l'honneur d'une petite épicerie nommée Big Bear, située devant l'appartement dans lequel vivait auparavant le groupe, et qui venait d'annoncer sa fermeture). Les punk rockeurs reviennent en forme avec Free Rein To Passions, et la promesse d'un album un peu plus lourd et spontané que son prédécesseur. Qu'en est-il ?

Free Rein To Passions est presque un concept album, c'est une ode à la vie dans la destruction : si le monde brûle et que tout est éphémère, profitez en et soyez sympas les uns envers les autres sans trop prendre les choses au sérieux. C'est avec l'esprit léger que ce message va refléter sur les 10 titres du disque, résonnant fortement dans les paroles. "One day you'll die, and when you're looking back it won't matter what you won, but what you put back. I'm gonna be a nicer guy," chante Luke Bentham sur l'excellent single "Nicer Guy", hymne punk rock digne des tubes que l'on pouvait trouver en regardant MTV dans les années 2000. Laissant de côté toute prétention, le frontman ira même jusqu'à pousser le concept à l'extrême sur "Atomize Me" où il décrit son enterrement et demande ni plus ni moins à être atomisé et oublié, les Canadiens ne se sont jamais vraiment pris au sérieux et cet album ne sera pas une exception. 


Pour ne pas changer une formule gagnante, c'est un enchaînement de morceaux accrocheurs et autant de singles potentiels. Si nous avions reproché à l'album précédent un petit manque de variété, The Dirty Nil présente ici des titres relativement différents, même si tous reliés par cette même idée du concept d'amour et de destruction : l'accrocheur "Stupid Jobs" et la jolie balade grunge "Land Of Clover", dont les refrains entêtants et joyeux apporteront du contraste et de la légèreté. On trouvera même un peu de classic rock sur le rythmé et rétro "Blowing Up Things In the Woods" qui, oui, parle littéralement de faire exploser des trucs dans les bois. Si les influences hard rock et heavy metal ont toujours été présentes et revendiquées chez le groupe, elles n'en restaient pas moins secondaires, mais seront beaucoup plus mises en avant ici. Le meilleur exemple reste le hit d'ouverture "Celebration" avec un riff rendant hommage à Slayer et Power Trip, et représentant l'un des titres les plus heavy du groupe, tout comme le survolté morceau titre "Free Rein To Passions", la promesse d'un album spontané et heavy est définitivement tenue. Niveau production aussi, le son retourne aux sources et opte pour une direction grunge et garage rock, plus grinçant et moins propre que Fuck Art, qui sonnait un peu plus pop (bien que réussi). 


Avec humilité et bonne humeur, The Dirty Nil signe avec Free Rein To Passions un album abouti et naturel, embrassant pleinement leurs influences avec comme seul but de vous faire passer un bon moment. Luke Bentham est toujours aussi consistant vocalement maniant ses capacités avec un sacré coffre. Avec la récente annonce de séparation de Sum 41, les joyeux lurons de The Dirty Nil devraient sans aucun doute être un groupe à suivre de près, et qui mérite votre attention. Avec toujours autant d'autodérision, d'attitude et de titres mémorables, il n'y a aucune raison de s'en priver. "Be excellent to others, and cut yourself a little slack !"

Note du rédacteur : 4,5/5

Eddy F.

1. Celebration
2. Nicer Guy
3. Undefeated
4. Atomize Me
5. Land Of Clover
6. Blowing Up Things In The Woods
7. Stupid Jobs
8. 1990
9. Free Rein To Passions
10. The Light, The Void And Everything

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