Live Report : Hellfest 2026 - Jour 3 (20/06/2026)
Mais pour bien commencer la journée, on se dirige vers DVRK à l'Altar. Un savant mélange de deathcore et de nu-metal qui déménage : tout à fait ce qu'il faut pour se réveiller ! Les plus courageux devant la scène profitent que l'air n'est pas encore irrespirable pour démarrer les premiers circle pits de la journée, et même si le public est assez éparse, le groupe donne tout sur scène et on passe franchement un bon moment. Ensuite, direction la mainstage pour profiter de DOPESPELL. Ce groupe, c'est le mélange de l'Esprit Du Clan et de Pogo Car Crash Control. Les membres des deux formations proposent avec ce projet un mélange de néo, hardcore et électro, qui fonctionne très bien ! On sent toute leur expérience sur scène, car bien qu'il s'agit de leurs premières prestations live, entre la Hellstage et la Mainstage, tout est carré. Le groupe ramène pas mal de monde et relève le défi de la grande scène avec brio.
Toujours sur la mainstage, on assiste avec plaisir à la tornade SLAY SQUAD. Les américains jouent ce qu'ils appellent le "Ghetto metal", un mélange de rap, trap metal et deathcore. Même si les plus sceptiques se tiennent à l'écart, on observe une excellente réception du concept via le moshpit qui n'hésite pas à remuer la foule et le groupe réussit à convaincre sur le long terme, même si certains morceaux peuvent sembler répétitifs. Les Australiens de Thornhill, en revanche, n'ont pas besoin de chercher à convaincre qui que ce soit : leur savant mélange de nu metal et de metalcore tombe brutalement sur le public qui commence à bouger dès les premières notes. On comprend rapidement pourquoi c'est un groupe toujours très attendu quand on voit l'ambiance qu'ils peuvent amener ! La setlist se concentre presque exclusivement sur leur récent album, Bodies, avec entre autre les singles "Silver Swarm" et "Obsession". Grâce aux annulations de la journée, on a pu savourer un set plus long, et on en redemanderait presque !
Le prochain groupe du genre se fait attendre, et pendant que les longues minutes de retard s'enchaînent, on cuit au soleil. Mais finalement House Of Protection s'avance, et leur folie se propage inexorablement vers le moshpit. Les anciens de Fever333 ne sont pas venus ici pour blaguer ! Comme toujours, le duo part dans tous les sens : debout sur la batterie, salto arrière aléatoire ou encore sur le toit de la mainstage à des dizaines de mètres de hauteur, rien n'est impossible ! Avec deux nouvelles chansons, "Too Numb For Pain" et "99%" ainsi qu'une compilation de leurs meilleurs morceaux, le groupe se fait pardonner pour le retard et laisse le sourire aux fans.
Profiter de la fin d'après-midi pour se prendre une bouffée de nostalgie ? C'est le programme avec Enhancer, qui se sont reformés cette année pour quelques concerts. Le rap metal des français avait façonné le paysage musical à l'époque de la Team Nowhere, et leur retour est un évènement qui a fait couler beaucoup d'encre en divisant beaucoup d'auditeurs. Cependant, on ne peut pas nier que leur set au Hellfest était une franche réussite, réunissant une foule compacte et ayant des allures de grande réunion de famille ! Le groupe invite Nico de The Arrs pour le morceau "Hardcore version Dancefloor", les membres de Pleymo pour interpréter les morceaux "United Nowhere" et "Ce soir c'est grand soir" de ces derniers, et même JoeyStarr à la surprise générale, pour jouer des morceaux de Suprême NTM. Un set aux allures de grande fête qui promet pour la suite, maintenant qu'une partie de ces formations souhaitent revenir sur le devant de la scène !
Dans un registre un peu plus sérieux, on profite un peu plus tard du metal
alternatif de A Perfect Circle. Les californiens, toujours dans la
maîtrise, offrent 14 titres qui parcourent leurs différents albums. Après
tout, le dernier album des américains est sorti il y a 8 ans, et bien qu'un
single soit paru juste avant la tournée ("Starless"), le set n'apporte rien de
vraiment nouveau. On peut cependant noter le retour de Josh Freese à la
batterie qui fait plaisir. Plusieurs spectateurs confient leur souhait de voir
revenir Maynard James Keenan avec Tool prochainement, leur
dernière venue clissonnaise datant d'avant le covid. On ne serait pas contre.
Mais pas de temps à perdre car il faut traverser tout le festival pour se
rendre à la Valley pour assister au show d'Amenra. Même si la lumière
du jour ne joue pas en leur faveur, le groupe ayant une esthétique visuelle
vraiment sombre, ils réussissent tout de même à instaurer l'ambiance si
particulière qui les caractérise. Le doom et le post-metal des belges
s'immisce partout et prend aux tripes. Pas d'issue possible, la transe est
palpable. Colin H. van Eeckhout chante dos au public comme à son
habitude, ne se retournant que très brièvement pour crier ou réciter des
paroles doucement dans les moments plus calmes. Et lorsqu'il retire son haut
pour afficher son tatouage de potence, symbole important dans le visuel du
groupe, le set prend encore une autre dimension. La setlist combine différents
morceaux de leurs quatre albums Mass, ainsi que la pièce "De evenmens" du plus
récent De Doorn. Ce groupe, c'est la certitude de ne pas partir sans avoir été
touché. Impossible de rester indifférent à la prestation live.
Pour conclure la journée, deux gros noms se succèdent sur les mainstages. C'est d'abord Limp Bizkit qui prend place avec son "pimp-rock", leur version du nu-metal. Ils démarrent avec une reprise de George Michael, "Faith", pour que dès le début tout le monde se mette à chanter avec eux. Et ça marche plutôt bien ! Fred Durst exhorte la foule à se joindre à lui, chanter et danser sur les morceaux tout en projetant des balles gonflables depuis la scène. La majorité du set se fait sur les morceaux des années 1999 et 2000, pour un groupe qui surf sur leur succès de l'époque sans jamais vraiment chercher la nouveauté. Le point marquant de la performance est la venue de SLAY SQUAD pour chanter sur le morceau "Full Nelson" ainsi que le rappel sur à nouveau "Break Stuff" qui avait déjà été jouée au début du show. De même, on apprécie toujours la cover de "Behind Blue Eyes" de The Who, qui n'est autre qu'un immense karaoke à ciel ouvert.
On passe d'un extrême à l'autre avec le dernier groupe, les polonais de Behemoth qui ont l'honneur d'investir (enfin!) la mainstage en remplacement de Volbeat. Initialement prévus à la Temple, cette grande scène leur permet d'avoir l'air encore plus imposants et de pouvoir profiter de toute la pyrotechnie du festival qui s'en donne à chœur joie en rythme avec les musiciens. Cette esthétique solennelle si singulière transporte également le public visuellement, et nous plonge tout de suite dans leur univers. Niveau setlist, on est dans un puissant mélange de leurs singles parus sur leurs différents albums. Par exemple, ils démarrent le concert avec "The Shadow Elite", un des plus récents, et terminent sur "Chant For Eschaton 2000", de leur album Satanica en 1999. On n'échappe pas aux classiques comme "Bartzabel" et on apprécie également un cover de Bathory placé au milieu du set avec "The Return Of Darkness And Evil". Le groupe revient pour un encore avec le fameux morceau "O Satan O Father O Sun!" qui ne pouvait évidemment pas être absent de la setlist, et tout le monde chante à l'unisson. La messe satanique des polonais a clairement séduit sur la grande scène, et a permis de mettre en lumière un énorme groupe qui ne se produit habituellement que sur les plus petites scènes Temple/Altar qui sont dédiés aux styles plus extrêmes. Vraiment, quel plaisir d'avoir pu assister à ce set dans ces conditions !
Report : Margot Patry
Photos : Garnet

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