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Live Report : Jinjer + Unprocessed + Textures @ Transbordeur de Lyon (03/02/2026)


Ce 3 février 2026, Jinjer poursuivait son European Duel Tour avec un passage à Lyon, deuxième concert des trois dates françaises. Pour l'occasion, le Transbordeur a fait le plein, la date est sold out depuis près d'un mois. Pour cette tournée, le groupe est accompagné de Textures et Unprocessed. Un line-up full djent, donc. Peut-être qu'après ça, on arrêtera enfin de parler de metalcore en évoquant le nom de Jinjer.

En préambule, je tiens à rappeler que le succès grandissant de Jinjer n'est en aucun cas dû à leur origine - j'en avais déjà parlé en chroniquant l'album Duél, mais à lire certaines "réactions" suite à leur programmation en festivals, je me permets cette rapide mise au point.

Textures

Nous voilà donc au Transbordeur de Lyon ce mardi soir, les fans sont arrivés en masse dès l'ouverture des portes afin de ne rien rater du passage de Textures (metal progressif/groove metal) malgré les dix années qui séparent leur deux derniers albums, ils restent une référence dans le domaine. Leur dernier album, Genotype, est sorti il y a quelques jours. Il est 19 heures pétantes lorsque le groupe fait son apparition sous les acclamations, pour un set tout en maîtrise. Au fur et mesure que le concert avance, on les sent prendre de plus en plus de plaisir sur scène, par moments les musiciens s'amusent et se chambrent entre eux et tout ça malgré la complexité de leurs morceaux. Un set court qui aura ravi les fans venus pour eux et les autres déjà présents dans la salle. En fin de soirée, le groupe se rendra au merch afin d'y faire des dédicaces.

Unprocessed

C'est au tour des Allemands d'Unprocessed de faire leur entrée, pour les avoir vus la veille à l'Olympia, je les avais trouvé full technique mais avec trop de temps morts entre les morceaux. Par moments, le groupe restait une quarantaine de secondes immobile à attendre que la backing track se termine. Aujourd'hui, c'est une toute autre histoire, ils captent l'ensemble de la salle dès les premières notes, entre les morceaux ils n'hésitent pas à interagir avec le public, peu de temps mort, quant à la technique elle est toujours aussi impressionnante. Ce groupe est vraiment talentueux. Formés en 2012, ils ont déjà sept albums à leur actif, dont le dernier sorti en septembre dernier. 

Jinjer

Il est vingt et une heure seize lorsque la tête d'affiche de la soirée fait son apparition. Avec le titre "Interlude" en fond sonore, c'est Vlad qui entre sur scène en premier, rapidement suivi par Roman et Eugène. Tatiana arrive quelques secondes plus tard sous les acclamations de la fosse. Jinjer est au complet le show peut commencer.
Comme vous pouvez vous en douter, les morceaux du très bon dernier album Duél sont largement présents dans la setlist. C'est avec le titre éponyme que le groupe démarre son concert. Riff massif en intro avant que Tatiana prenne le relais avec son chant. Dressée face à la fosse pour envoyer les premiers passages growl. Un premier "Bonsoir Lyon" pour clôturer le titre. On enchaîne avec "Green Serpent" et les animations sur l'écran qui vont avec. La palette vocale de Tatiana est toujours aussi impressionnante. Il en va de même pour le tapping du bassiste sur la dernière partie du morceau qui sera conclu par le doux et mélodieux chant de Shmayluk. "Are you ready for heavy song?", pas le temps de se reposer puisqu'on enchaine avec "Fast Draw", un morceau intensif avec peu de temps mort. 

La recette Jinjer ?  Une grosse partie rythmique avec une précision chirurgicale assurée par les musiciens pour permettre à leur chanteuse d'y dévoiler l'étendue de son art. Parce qu'en plus d'être une des meilleures chanteuse de metal du moment, Tatiana est surtout une très grande parolière, avec de nombreux thèmes forts abordés dans ses chansons. Une raison supplémentaire qui fait que les fans se sentent si proche d'elle. 

Le groupe déroule sa setlist sans fausse note, dans une salle complètement sous le charme. En parlant de fans, ce soir au transbordeur, ça bouge un peu moins que la veille à Paris MAIS ça participe beaucoup plus aux interactions avec le groupe. Eugène Abdukhanov me l'avait dit la veille, il attendait cette date car à chaque passage sur Lyon, le groupe a toujours ressenti une atmosphère particulière.
On arrive avec un enchaînement de classiques, à commencer par un retour en salle de classe avec le culte " Teacher, Teacher!" qui déchainera la fosse, le public chantera le "Booyah!" au bon moment sur "Judgement ( & Punishment)", on sera tous hypnotisés par le chant de Tatiana sur la dernière partie de "I speak Astronomy", on revisitera également le procès de Kafka sur le titre éponyme avec à chaque fois pour accompagner ces morceaux une scénologie spéciale pour chacun d'entre eux. Ce qui rajoute vraiment un plus à la dynamique du concert. 

Sur scène, à l'image du guitariste, les musiciens sont presque statiques, il est vrai que les parties de Roman Ibramkhalilov et de Eugène sont particulièrement techniques. Tatiana, quant à elle, la traverse en long et en large avec toujours la même énergie, avant de "Throw the first punch" sur "Rogue". Un des derniers morceaux massifs de la setlist, la salle s'anime encore un peu plus. A la fin du titre, elle remercie tout le monde chaleureusement (on entend de l'émotion dans sa voix). Le bassiste ne s'y était pas trompé, il y a vraiment une ambiance particulière ce soir, notamment sur le cultisme "Pisces" l'ensemble de la salle tape des mains sur le pont d'avant refrain, également tous en chœurs sur le "underwoooooooorld" (vraiment incomparable à la veille). Idem pour rappeler le groupe lorsque celui-ci quitte une première fois la scène.

Il revient pour déchaîner ses dernières forces avec le très puissant "Sit Stay Roll Over", un bon morceaux old school en guise de bouquet final pour conclure la soirée. Le transbordeur tentera un nouveau rappel en scandant le nom du groupe quelques minutes après sa sortie de scène définitive. 

"I dwell in the shadows, i sleep in the light", encore une fois Jinjer prouve qu'il est en adéquation avec ses chansons : discret dans la vie de tous les jours, mais une vraie machine sur scène, avec une prestation particulièrement aboutie. Un concert dynamique qui démontre que le groupe commence à cumuler un bon nombre de hits. Car ce soir, nous n'avons eu droit ni à "On The Top" ni "Retrospection", deux de leurs plus grands succès, pourtant leur absence dans la setlist ne s'est pas faite ressentir. Un super concert qui solidifiera encore un peu plus le lien si fort entre Jinjer et ses fans.

Live report + Photos : Pastaga

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