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Live Report : Hellfest 2023 - Jour 3 (17/06/2023)


Jour 3 - Samedi 17 juin

Journée un peu plus diversifiée en termes de scènes pour nous, cette troisième journée fût surement celle où nous avons le plus marché. Pourvue d’une météo un peu plus douce que la veille, on pouvait voir dans le ciel des nuages grisâtres qui firent tomber quelques averses éparses, de quoi refroidir les festivaliers qui avaient trop chaud. Nous avons pris notre temps et somme arrivés devant la Mainstage pour Bloodywood (entre metalcore, nu metal et musique folklorique), ce groupe indien qui fait beaucoup parler de lui. C'était loin d’être notre première fois avec eux et nous attendions une grosse d’énergie pour commencer la journée. Ce qui fût le cas - à peine arrivés, les membres ont été accueillis par une énorme acclamation qui n'en finissait pas. Ils n'ont pas beaucoup de chansons à leur actif - seulement un court album, ils n'ont donc joué que peu de morceaux, mais cela a bien rempli la demi-heure de show. Ils n’hésitaient pas à faire des discours entre chaque musique contre l'oppression ou contre les violences faites aux femmes. On reconnaissait bien là ce groupe très engagé. Leurs percussions traditionnelles donnaient vraiment le ton de la danse, et les deux chanteurs ont envoyé du lourd, ce qui faisait danser l’entièreté de la foule qui leur a vraiment offert un très bon accueil. Encore une fois, nous faisions le bon choix pour commencer la journée du bon pied.

 

S'en suivit Fever 333 (rapcore/hardcore punk/post-hardcore), ce groupe réputé pour être des furieux sur scène. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils nous l’ont encore prouvé ce jour là – dès le début du set, ça sautait partout, ça criait et le public s’est soulevé. On a constaté de nombreux mouvements de foule, preuve que cette énergie était très efficace et communicative. Ce groupe met l’accent sur la diversité dans le monde de la musique, notamment la représentation des personnes de couleur, et nous ont donc fait un discours à ce sujet, qui a reçu une réponse très favorable du public. Niveau musique, rien à reprocher, les artistes ont tout défoncé et ont fait preuve d’une belle prestation scénique.

 

Nous nous sommes ensuite dirigés vers l'Altar pour assister à Ten56., ce groupe français de tout juste quelques années qui est déjà assez haut dans les affiches, notamment dû à la popularité d'Aaron, le chanteur, ancien membre de Betraying The Martyrs. L’avantage du Hellfest, bien que sous la tente de l'Altar, était qu'il faisait jour et que la fumée se dissipait plus vite - un avantage indéniable lorsque l’on connait leurs concerts en salle où on ne voit presque rien pour les photos ! La brutalité de ce groupe hardcore a encore une fois été très efficace avec un public ultra réceptif et une performance solide.

C’est ensuite vers la Temple que s’est porté notre choix. Nous avons assisté à Svalbard, ce groupe anglais qui passe (trop) souvent inaperçu. Leur style, entre post-hardcore et black metal, a séduit plus d’une personne ce jour-là. Le groupe avait composé une setlist en piochant des titres dans leurs différents albums, avec notamment "Open Wound", la chanson phare de leur dernier album en date qui était accompagnée d’une introduction sur la prévention au suicide. Serena, la chanteuse, a assuré vocalement, alternant les growls, screams et le chant clair tout en jouant de la guitare. Les autres musiciens n’étaient pas en reste, malgré une présence scénique un peu effacée.

Saor a ensuite pris le relai de la Temple. Défini comme de "l'atmospheric folk black metal", il s'agit de black teinté d’influences celtiques et gaéliques, originaire d'Ecosse. On pouvait donc retrouver tout ce qui fait du black metal classique, avec les guitares toutes en rythme et du growl très puissant, mais aussi une violoniste et une choriste qui jouait aussi des pipes et des flutes. Cette diversité est très bien passée en live et le public semblait en transe. Leurs chansons étant assez longues, le groupe n'a pu jouer que quatre chansons - toutes issues d’un album différent, pour un équilibre parfait. Ils ont commencé par "Origins", le titre éponyme de leur dernier album en date, avant d’enchaîner par "Tears Of A Nation", "Carved In Stone" et de terminer par "Aura", autre titre éponyme populaire du groupe. Le public en est ressorti apaisé et très heureux d’avoir assisté à cette expérience unique.

 

Nous retournons ensuite vers l'espace presse pour assister à la conférence de presse de Within Temptation. Sharon et Stefan, avec leur décontraction habituelle, ont pris plaisir à répondre avec humour et sincérité aux différentes questions sur leur musique, leur évolution, leurs prestations scéniques de rêves et leur bande dessinée à venir (la conférence a été diffusée en intégralité sur YouTube).

Après une courte pause, nous sommes partis en direction de l'Altar pour assister à Lorna Shore. Ce groupe de deathcore mélodique a vu sa popularité exploser après l’arrivée de leur nouveau chanteur, Will Ramos, en 2020. Ils ont entamé le set avec leur single le plus populaire de leur dernier album, Sun//Eater, et déjà la violence écrasante du morceau eût raison de la foule qui s’est déchaînée sans attendre. La prestation du groupe est toujours impressionnante à voir, tant le niveau technique et la qualité est élevée, autant sur les instruments qu’au niveau de la voix de Will. La majorité des morceaux étaient du dernier album à part deux qui se sont suivies au milieu du set : la fameuse "To The Hellfire" et "Of The Abyss". Le groupe a terminé en jouant l’intégralité de la trilogie "Pain Remains", très touchante et pleine d'émotions, ce qui a mis la larme à l’œil de beaucoup de spectateurs. Le groupe a définitivement convaincu et a chauffé l'Altar d’une manière rarement vue.

 

En revenant vers les Mainstages, nous avons vu la deuxième heure d'Iron Maiden, qui a assuré un show à la hauteur de leur réputation. Malheureusement, après avoir vu ce groupe plusieurs fois, je suis un peu lassée par leurs prestations, mais il est certain qu’en termes de qualité du show, de musique et de divertissement, ils sont dans le haut du panier. Les nombreux éléments de décoration sur scène, les Eddie géants qui se battaient avec le groupe et la setlist choisie ont eu leur effet et les fans en sont ressortis ravis.

Par la suite, Within Temptation (metal syphonique) a pris le relai. Pendant une heure et demi, ils ont délivré une prestation haute en couleurs, choisissant les plus gros tubes de tous leurs albums pour un excellent mélange qui a fait plaisir aux fans, transformant la foule en karaoké géant. En ouvrant par "Our Solemn Hour", ils ont mis le paquet dès le début avec du feu dans tous les sens et les chœurs épiques. Sharon a toujours son charisme indéniable sur scène et a enchanté les spectateurs. Le groupe a décidé de jouer un titre appelé "Bleed Out" pour la première fois ; c'est un titre qui n'est pas sorti et qui n’a jamais été dévoilé avant, de quoi rendre ce set encore plus exclusif. Le groupe a aussi présenté son dernier single en date, 'Wireless", tout en finissant par un de leur tout premier gros succès, l’incontournable "Mother Earth". Avec ce concert très chill et très beau, le public a été enchanté et a savouré l’instant pendant quelques temps avant de commencer à bouger à nouveau.

 

Nous voulions ensuite passer voir la fin The Hu, mais la densité de la foule sous la Temple a rendu ce choix impossible, quand même voir l'écran extérieur était un challenge. Nous sommes donc allés nous poser pour profiter de la fin de journée branchée boîte de nuit avec Carpenter Brut. Le Français, en mode DJ électro-rock, a fait danser une grosse partie des gens sur la musique de son concept original. Tout le monde bougeait, même dans le fond du site : Carpenter Brut n'est pas un groupe qui se regarde mais plutôt qui s’écoute, ce qui fait qu’en live les spectateurs sont davantage en mode discothèque qu’en ambiance véritable de concert. En terminant par sa reprise phare, "Maniac", il a reçu un accueil très favorable du public et a fait terminer cette journée sur une note extrêmement positive avec beaucoup de bonne humeur.


Texte : Margot Patry
Photos : G

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