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blink-182 : l'histoire et les dessous de Take Off Your Pants And Jacket



A l'occasion de sa rubrique "We're No. 1", le site A.V. Club revient sur un album qui a atteint la 1ère place du Billboard le 30 juin 2001, place à laquelle il est resté une semaine : Take Off Your Pants And Jacket (retire tes fringues et astique toi) de blink-182, une première pour un album de punk-rock !

Faisant suite au quadruple disque de platine, Enema Of The State (1999), Mark Hoppus déclare dans le livret de la réédition deluxe de TOYPAJ : "Notre combat pour ce nouvel album était évident depuis le début. J'aimais tout sur Enema Of The State - la musique, les clips, les concerts, tout. Je voulais le refaire, le faire en plus grand, meilleur et plus fort. Tom voulait quelque chose de plus lourd, plus mené par la guitare, plus sale. Il écoutait beaucoup de groupes post-hardcore, et leur influence se ressentait dans ce qu'il écrivait. Travis, qui ne s'est jamais limité à être un simple batteur de punk-rock, voulait se lancer un challenge à lui-même, aussi bien qu'au groupe.''

Pour la 1ère fois (et pas la dernière), les membres du groupe ne composaient pas ensemble : "On travaillait en opposition par rapport à l'autre. On ne partait pas du même endroit ou on ne visait pas le même but. Parfois la différence menait à des conflits."

Malgré ses aspirations différentes, le groupe a réussi à enregistrer une dizaine de démos, dans le même local où il avait enregistré Enema Of The State : "Les chansons étaient catchy, mais avec un avantage définitif."

La première personne a écouter le résultat fut le manager du groupe : "Il a écouté calmement les chansons unes à unes. A la fin on s'est tourné vers lui l'air de dire 'alors c'est bon ?', ce à quoi il a répondu 'je pense que c'est vraiment cool, mais je n'entends pas CE truc. Ce côté festif de blink-182, ce côté hymne d'été."

Mark et Tom étaient furieux de la réaction de leur manager, Mark commente leur réponse : "Tu veux un putain de single ? Je vais t'écrire le plus mielleux, le plus catchy des singles d'été que tu n'as jamais entendu !' Je suis rentré chez moi, j'ai pris ma guitare, me suis assis sur le sol, et ai écrit 'The Rock Show' en 10 minutes. Tom est rentré chez lui, a pris sa guitare, et a écrit 'First Date'."



Mark continue : "En y repensant, je réalise qu'au-delà de l'habituel humour à deux balles et de la bouffe mexicaine, il y avait une bataille. Il y avait une compétition silencieuse entre Tom et moi - qui pourrait écrire les meilleurs refrains, les textes les plus intelligents. On était plus protecteurs avec nos idées, peu enclins à abandonner le moindre truc suite à un désaccord." Jerry Finn, le producteur du groupe (décédé en 2008), était celui qui servait de médiateur pour gérer les conflits.

Alternative Press a rendu visite au groupe pour écrire une histoire accompagnant la sortie de l'album, et la photo de couverture du magazine laissait transparaître la difficulté du processus, avec un groupe qui n'était, pour une fois, pas tout sourire. Dans l'article du même magazine, Tom s'exprimait en disant : "Tu grandis et tu réalises, 'Putain ! Qui se soucie du punk-rock ?' Il y a tellement de genres de bonne musique, et tu dépasses le stade où tu écoutes ou écrit quelque chose juste parce que tes parents vont le détester."


Mark aurait adorer écrire un autre Enema, mais il a été lui aussi emporté dans la nouvelle direction : "J’agonisais sur chaque mot que je chantais. Je n'avais plus envie de parler des mêmes thèmes, et les textes sont souvent devenus plus sombres et introspectifs - les chansons d'amour sont devenues des chansons d'amours brisés." Il cite "Everytime I Look For You" comme exemple du changement opéré qu'il qualifie de "monstre Frankenstein d'éléments disparates" : la chanson commence avec la guitare dissonante de Tom DeLonge, puis ses couplets et refrains poppy, tous deux avec des textes sombres, et la batterie de Travis allant du punk au très lourd menant à un joyeux bordel de pont sous fond de guitares hurlantes.

Le plus amusant est que, contrairement à leur album suivant, les fans et les médias n'ont pas vraiment eu conscience de ce changement autant que le groupe lui-même, Rolling Stone disant par exemple que le groupe "ne sort pas trop de sa zone de confort - il aime garder tout lumineux, rapide et punchy."

L'album abordait  des thèmes qui touchait les adolescents : de la déclaration au monde adulte sur "Anthem Part II" : "if we're fucked up, you're to blame », du divorce évoqué sur "Stay Together For The Kids" et s'inspirant du divorce des parents de Tom lorsqu'il avait 18 ans, ou encore de "Give Me One Good Reason", célébrant les kids qui luttent contre la façon dont ils ont été élevés.


"Take Off Your Pants And Jacket était notre saut, confus, conflictuel, brillant, douloureux, cathartique  dans l'inconnu." conclut Mark Hoppus, toujours dans le livret de la réédition de l'album. Le groupe a fait un saut encore plus grand quelques années après avec son album éponyme, mais Jacket était un premier baiser avec le monde adulte, avant de finalement le rejoindre.

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