Chronique : The Neighbourhood - (((((ultraSOUND)))))
The Neighbourhood est de retour après un hiatus de 4 ans, une longue pause après leur dernier album Chip Chrome & the Monotones, folk et rétro inspiré par David Bowie, à contre-courant de leur habituel mélange pop rock alternatif et électro rap. Annoncé à peine quelques semaines avant sa sortie, (((((ultraSOUND))))) est un comeback qui se veut être un retour en arrière plus proche du son qui aura fait leur succès sur les deux premiers albums, I Love You et Wiped Out!, dont les singles "Sweater Weather" et "Daddy Issues" continuent de cumuler des milliards de streams et de connaître un succès impressionnant sur TikTok, plus de 10 ans après leurs sorties, hissant The Neighbourhood dans les 50 groupes les plus écoutés de l'histoire de Spotify, rien que ça.
Malgré leur absence totale sur scène depuis 2021, les Californiens n'ont
cependant pas cessé de faire parler d'eux, et pas vraiment pour de bonnes
raisons : le leader Jesse Rutherford s'est vu sous les foudres de la
presse pour sa relation amoureuse avec la chanteuse phénomène Billie Eilish, Ã
cause de leurs 11 ans d'écart, avant leur séparation et la chanson solo "POV"
de Jesse aux paroles plutôt cringe et déroutantes, faisant référence à leurs
âges (les deux sont toujours amis). C'est ensuite le batteur
Brandon Fried qui fût temporairement exclu du groupe pour son
alcoolisme et un comportement inapproprié dans un bar envers la chanteuse de
The Marias alors qu'il était ivre, avant de revenir au sein de la bande après
une thérapie pour son addiction. Autant de bad buzz et de moqueries qui
auraient pu mettre fin au groupe et rendant l'annonce de ce nouvel album que
plus surprenante, mais que vaut vraiment ce (ultraSOUND) ?
Il est clair à l'écoute de la longue tracklist que nous sommes bien
retournés 10 ans en arrière pour un album résolument pop du début
à la fin. Quitte à être daté aux vues de certaines critiques, il y a cependant
beaucoup de bon sur ce disque. Le single d'ouverture "Hula Girl"
représente bien ce que les fans du groupe peuvent attendre : un rythme lent et
une ambiance lourde mais particulièrement catchy et pop, avec des couplets
entêtants et la présence du frontman qui fait toujours son effet, d'emblée un
nouveau succès. "Private" et sa ligne de basse lourde et une vibe rétro
est aussi efficace. Accessoirement, les clips vidéos à la David Lynch font
aussi leur petit effet pour ses deux singles, renforçant une thématique plutôt
classe dans la musique également. Dans un registre plus rythmée "OMG"
est un hit frais, un côté électro-pop alternative agréable et atmosphérique,
suivi par "Lovebomb" dans le même registre, pour un début d'album qui
donne une envergure au disque qui malheureusement traine en longueur par la
suite.
Le gros problème de ce (ultraSOUND) est un manque cruel de rythme. Si les titres
sont franchement assez bons indépendamment, une fois collés les uns derrière
les autres, vous vous retrouvez avec la sensation que tous les morceaux sont
identiques et que l'album peine énormément à démarrer ou à garder son
momentum. Pourtant, il n'y a pas grand chose à reprocher à des chansons comme
"Rabbit" ou "Tides" qui s'avère excellente, très calme et planante et qui
pourraient sortir tout droit de Wiped Out!. Deux très bon titres qui se
perdent dans le flow d'un album trop lent pour les mettre en valeur. De même
pour "Holy Ghost" qui n'est pas particulièrement mauvais en soi et s'annonce
encore plus intéressant quand son beat électro et ses guitares rythmiques viennent briser la lenteur, mais qui, une fois mis au milieu du reste, se dilue
malheureusement et se perd dans le tas.
Quelques titres viendront quand même remuer le tout en fin de jeu. "Daisy Chain" et son rythme blues vraiment réussi avec un crescendo maîtrisé, "Zombie" qui
lui a des éléments indie rock et électro et une touche acoustique qui le tire
du lot, et la pause dream pop wave avec la ballade "Mama Drama" s'en tire avec
les honneurs. Mais c'est des titres plus joyeux comme "Crushed", et plus radio
comme "Mute", qui auraient été bien plus utiles en milieu de disque, et qui seront
finalement bêtement mis en toute fin, et leur ambiance purement plage californienne arrive déjà bien trop tard pour réveiller le disque. Encore
une fois, le problème ne vient pas des morceaux en eux mêmes mais bien du
manque de rythme dans l'ordre de la tracklist.
(ultraSOUND) est un paradoxe en lui même, comme un album qui paraît plat mais
pourtant regorge d'excellents titres sur tous les fronts. La faute reviendra
sûrement à une tracklist trop longue qui n'a pas su trouver une succession
cohérente pour ses morceaux, et une production qui peine à mettre en valeur
les différents éléments du disque. Comme une collection de B-sides qui se bat
pour trouver la cohérence d'un album.
Il y a cependant beaucoup à aimer sur ce dernier effort des Californiens, ne
vous y méprenez pas, si vous avez la patience de vous y plonger. À défaut
d'avoir une réputation d'un groupe has been qui vie dans l'ombre de leur
premier tube, The Neighbourhood persiste et assume pleinement se côté pop
alternatif qui leur va toujours aussi bien. Enregistré sans label et produit
par le groupe pour éviter toute pression et simplement prendre du plaisir Ã
refaire de la musique ensemble, il y une honnêteté sincère derrière le
processus qui se ressent. (ultraSOUND) s'avère meilleur au fil des écoutes
malgré un flow catastrophique, et si cet album ne va clairement pas les
remettre au rang de leurs précédents succès, et ça ne semble pas être le but
pour le groupe quoi qu'il en soit, il restera au moins assez pertinent pour en
valoir l'écoute et y trouver de belles surprises.
Note du rédacteur : 3.5/5
Eddy F
1. Hula Girl
2.OMG
3.Lovebomb
4. Private
5. Lil Ol Me
ADVISOURi
6. Planet
7. Holy Ghost
8. Rabbit
9. Tides
10. Daisy Chain
11.Zombie
12. Mama Drama
13. Crushed
14.Mute
15. Stupid Boy

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