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Chronique : Demi Portion - Poids Plume


Demi Portion
c'est qui ? Un rappeur indépendant en activité depuis 1996, particulièrement productif en sortant des albums assez régulièrement. Albums toujours travaillés et bien produits et non pas en suivant la tendance actuelle "la plupart des rappeurs font un album en une semaine". Grâce à lui, chaque année sa ville natale (Sète) est transformée en capitale française du hip-hop à l'occasion du Demi Festival (on en avait déjà parlé sur Louder Now! cet été : Live Report : Demi Festival - Jour 4 (12/08/2023). On le retrouve cette fois pour son nouveau Poids Plume, sorti vendredi dernier.

A l'écoute des quinze morceaux qui composent ce disque, la première chose qui saute aux yeux est le côté indépendant et old school mis en avant. C'est une attention particulière, une passion qu'on ressent sur chaque album de Demi Portion, sa manière à lui de laisser sa marque, sa trace, sa signature.

Il suffit d'écouter le premier morceau "Bonjour" pour savoir à quoi s'attendre, à l'heure où la mode est aux soit disant "Kickeurs" (alors qu'ils lisent leurs couplets sur leurs téléphones), Demi Portion explose le game d'entrée. Chose qu'on retrouvera plus loin avec cette fois-ci une touche d'ironie sur 'Dans mon délire".
Un retour aux sources qui fait plaisir à entendre pour "le pro du boom-bap", notamment avec "Adrenaline" et ses multitudes de références old school. Structuré la plupart du temps, on sent que l'artiste n'a pas tout misé sur le côté vieille école, une bonne chose, une certaine liberté en somme qui peut parfois mener à un résultat décousu, voir dénoué de sens. Ce qui rajoute de l'authenticité au projet.
En plus de kicker, il y a les morceaux plus calmes avec des sonorités nostalgiques tel que "Horizon", "Mémoire", "Poids plume" ou encore "Ganstarr". On a tendance à se laisser bercer par les samples de guitares, calmes et posés certes, mais ce qui ne l'empêche pas de faire un constat sanglant sur la société actuelle, tout réglant ses comptes avec le rap d'aujourd'hui : "Peu de personnes qui dénoncent, c’est facile d’être un rappeur". Le message global de l'album est un retour au basic et un appel à profiter des choses simples, la société, les réseaux sociaux et l'impact que tout ce bordel a sur les jeunes.

Le disque est un hommage constant au rap, ce même rap que l'artiste cherche sans cesse à tirer vers le haut : "ça fait du bien de le dire, rien n’était mieux avant". En parlant d'hommage, c’est toute la culture hip-hop qui est mise en avant notamment avec "TMTC" qui est construite comme un freestyle.
Concernant les invités, une nouvelle fois le rappeur ne fait pas dans la demi-mesure avec des guests puristes et pour la plupart indépendants, en effet sur "Poids plume" on retrouve des artistes tels que Souffrance, Furax Barbarossa, Rim'k ou encore son partenaire de scène Dj Rolxx, qu'il laissera s'exprimer sur "16 mesures".
Deux morceaux ressortent du tout grâce à leur pureté, "Mon dico Royal" en début d’album et "4 couleurs" en guise de bouquet final, des textes écrits à la perfection "le bic est taillé comme un canon scillé" qui donnent des frissons à chaque écoute. Demi Portion n'oublie pas son public à qui il dédira un titre en fin d'album

Beaucoup de nostalgie ressort en écoutant cet album pourtant si récent, un album finalement hors du temps qui fait plaisir à entendre. "Indépendant et fier de l’être",  Demi Portion remet une nouvelle fois l'authenticité du hip-hop au centre du débat. "C'est au début même à la fin qu’on dit merci ", alors merci pour le Demi Festival et un grand merci pour cet album.

Une nouvelle fois merci aux artistes indépendants de nous redonner foi en la musique française.

Pastaga

Note du rédacteur : 4/5

1. Bonjour
2. One peace
3. Mon dico royal
4. Dans mon délire
5. Horizon
6. Adrénaline
7. Gangstarr
8. 16 mesures
9. Poids plume
10. TMTC
11. Mémoire
12. Ménélik
13. Normal
14. 4 couleurs
15. Merci

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