Resolve (Interview exclusive) : "Le set du Hellfest a été le début de la nouvelle ère de Resolve"
Resolve (metalcore), qui vient d'annoncer son 3ème album Spread My Ashes Into Space pour le 15 janvier prochain, investissait la Mainstage du Hellfest le dimanche 21 juin dernier. Peu après, nous discutions avec Antonin (guitare) et Robin (basse) de leurs impressions sur le set, de leur nouvel album et de la tournée à venir.
LN! : Pour commencer, je voulais revenir sur votre set. Comment vous l'avez
senti sous cette chaleur ? Il y avait beaucoup de monde !
Resolve : C'est vrai que la chaleur, c'est quand même quelque chose
de particulier. Il faisait 38°C quand on a commencé le set. En plus, on
lançait de la pyro. Mais quand c'est comme ça, on pense à autre chose, parce
que c'est le Hellfest, c'est probablement le festival le plus important où
on peut jouer ! C'est le plus gros festival français, et Resolve était sur
la Mainstage. Et énormément de monde est venu nous voir. On ne voyait
presque pas où s'arrêtait la foule. C'est surtout ça qui nous a fait tenir
je pense, on voulait tout donner ! Le set représentait beaucoup nous.
Au-delà du symbole du Hellfest, c'était aussi le premier show d'une nouvelle
ère de Resolve. C'était la première fois qu'on avait de la pyro, une vraie
vidéo en fond, c'était ambitieux. On a beaucoup répété en amont, on a essayé
de faire un truc parfait. Et puis la chaleur extrême a rendu l'exercice un
peu plus difficile que prévu, mais je pense qu'on a réussi à masquer assez
bien ce qui n'a pas marché. On peut dire que le pari est réussi, on est très
content.
LN! : Quels défis supplémentaires vous a apporté la chaleur ? Qu'est-ce qui
n'était pas prévu ?
Resolve : Une chaleur aussi forte ça dérègle les guitares et les
basses en permanence. Il fallait vraiment qu'on soit au taquet pour se
réaccorder entre chaque morceau, et au final on n'avait pas le temps de
boire, il fallait choisir. C'est 40 minutes de show intense sans pause. On
voulait aller un peu en avant de la scène pour mettre l'ambiance, mais dès
qu'on avait une petite pause il fallait qu'on reparte derrière resserrer les
cordes, et c'est à peine fini que tu te remets déjà à jouer. C'est du live,
ça fait partie de l'expérience !
LN! : Vous deviez raccorder les guitares entre chaque chanson ?
Resolve : Entre chaque riff, même ! On ne le faisait pas à chaque
fois, mais on aurait dû si on voulait que ce soit parfait. Y'a aucun souci
quand on joue en salle et sans feu, mais là c'était vraiment des conditions
extrêmes.
LN! : Comment vous avez choisi les morceaux à mettre sur la setlist quand
c'est un set aussi particulier que ces 40min au Hellfest ?
Resolve : C'est une très bonne question. Là, on a abordé la setlist
avec un œil un peu différent, plus généraliste. Pour une bonne raison que je
vais développer, même si elle est un peu triste, si je peux le dire comme
ça. On vit dans l'ère du streaming et des algorithmes. Donc, on sait quels
sont les morceaux que les gens aiment le plus. Forcément, ça nous influe sur
le choix de la setlist. Un concert, c'est fait pour que le public passe un
bon moment, donc pour ça, il faut jouer les morceaux que les fans préfèrent,
et pas forcément ceux que tu voudrais jouer en tant qu'artiste. Si tu
regardes le Spotify d'un artiste, à part quelques deep cuts aléatoires, tu
sais déjà ce que tu vas entendre. Sur seulement 40 min de set en festival,
les choix étaient un peu évidents. On a tout de même voulu se concentrer sur
Human, le deuxième album, et on n'a joué qu'un morceau de notre premier
album, Between Me And The Machine. Une raison pour ça, c'est aussi qu'on
avait l'expérience du live quand on les a écrites, et donc les chansons
passent souvent mieux en live. Une autre raison, c'est que l'album a mieux
marché que le premier. On a juste ajouté "Of Silk And Straw", qui est notre
premier vrai hit en 2019, car si les gens ne connaissent pas trop le groupe,
il y avait une chance qu'ils soient tombés dessus dans le passé et donc
qu'ils passent quand même un bon moment. Enfin, pour rendre ce set du
Hellfest spécial, on voulait proposer une vraie expérience, tout en faisant
passer un message secret. Je ne sais pas si tu as capté les indices à la fin
?
LN! : Oui, dans la phrase que vous avez affiché à l'écran en sortant de
scène !
Resolve : C'est ça. [...] Ne mets pas la réponse dans l'interview !
On laissera les gens réfléchir. C'était pareil pour l'ambiance sonore qui
passait à la fin aussi. Tout est lié. On a préféré sacrifier deux minutes de
set pour diffuser ces petits indices sur la suite du groupe. J'espère que
plusieurs fans ont compris !
LN! : On disait que vous aviez utilisé de la pyro pour la première fois sur
ce set. Est-ce que c'était pour célébrer le passage au Hellfest ?
Resolve : On voit beaucoup d'autres groupes en utiliser, et on a eu
envie de tester. On kiffe la sensation physique et visuelle, l'impact que ça
a au moment des breakdowns est fou. Ça vient améliorer la prestation live,
la musique prend tout de suite plus d'ampleur. Ça rejoint l'idée que c'est
le début d'une nouvelle ère pour Resolve. Jusqu'ici, on ne s'attendait pas à
voir de la pyro dans nos concerts. Maintenant, c'est fait, et ça a surpris
pas mal de monde, on a réussi à avoir l'impact qu'on voulait.
LN! : Vous allez en réutiliser dans de futurs concerts alors ?
Resolve : Oui, si on a l'occasion de le refaire ! Ça reste
exceptionnel, il faut que toutes les conditions soient réunies. C'est
difficile en salle, parfois elles sont trop anciennes, les scènes pas assez
hautes pour que ce soit fait en toute sécurité. Et ça a un coût, bien sûr.
On va le garder pour des occasions spéciales. Si on fait le Zenith un jour,
par exemple ! On va essayer de tenter de nouvelles choses live
prochainement, on va s'amuser. On est tellement content que le groupe soit
arrivé à un stade où on peut se le permettre.
LN! : Vous ne pensiez pas arriver jusque-là ?
Resolve : On n'est pas vraiment dans une éthique qui nous pousse à
avoir une vision claire du but à atteindre dans notre vie d'artiste. Les
choses arrivent, et on les accueille, sans le forcer non plus. Quand on a
fondé le groupe il y a 10 ans, on se disait que si d'ici la fin du groupe on
arrivait à jouer au Transbordeur de Lyon, notre ville, alors le groupe
aurait été un succès. Au final, on a déjà annoncé un Transbordeur pour la
prochaine tournée alors que le groupe est loin d'être sur la fin. On a déjà
gagné dans nos cœurs.
LN! : Donc pas d'objectifs fixés pour le futur pour l'instant, à part ce
Transbordeur ?
Resolve : Il va falloir en fixer de nouveaux. C'était notre vision
du top en tant que jeune artiste. On aurait pu y jouer en première partie
d'un autre groupe, mais on voulait voir les choses en grand. Maintenant,
c'est arrivé beaucoup plus tôt que prévu. Pareil pour l'Olympia, on a ouvert
pour LANDMVRKS là-bas. C'est une belle réussite. Peut-être que l'objectif
serait d'y jouer en tête d'affiche.
LN! : Pour votre prochaine tournée, vous faites aussi la Cigale à Paris.
C'est une belle salle !
Resolve : C'est vrai ! Encore une étape passée. C'est fou.
LN! : On a évoqué les indices laissés pendant votre set du Hellfest, mais
vous avez aussi disséminés des indices sur les réseaux sociaux. Est-ce qu'on
peut un peu parler de ce qui nous attends avec Resolve prochainement ? Du
prochain album ?
Resolve : La vraie différence de ce prochain album, c'est qu'on a
tous écrit la musique ensemble. Les précédents albums, c'était Anthony à
environ 80% et on révisait ses créations ensemble. Là, on a tous les 4 créé
ensemble. Résultat, il y a une meilleure cohérence entre les morceaux, une
direction artistique plus affirmée. C'est plus fort, plus émotif. Très
exacerbé. On a « trouvé l'essence de Resolve » avec ce nouvel opus. Ce sera
de loin notre meilleur album. On espère que les auditeurs seront du même
avis. En tout cas, on a hâte de voir ce que ça va donner, et on a hâte que
la campagne promo commence pour de vrai ! On ne voulait rien lancer pendant
l'été, entre l'industrie partagée entre les vacances et les festivals, etc,
ce n'était pas le bon moment.
LN! : Vous avez une idée de quand les nouveautés vont commencer à sortir
?
Resolve : C'est un peu tôt pour développer davantage, on est encore
en train de finaliser l'album. Normalement, on devrait commencer à annoncer
des choses après l'été. On peut affirmer que plus que jamais, on sait où on
va, la vision globale est là. On a vraiment apprivoisé ce qu'est devenu
Resolve. C'est vrai que ça fait quelques temps qu'on n'a pas sorti de
nouveau morceau, il y a des attentes, mais la patience sera bientôt
récompensée !
LN! : Dernier sujet, je voulais revenir sur votre tournée à venir qu'on a
évoqué. Vous avez invité Silent Planet et Spleen à ouvrir pour vous. Comment
avez-vous décidé de ces premières parties ? C'est important pour vous
d'inviter un groupe français comme Spleen ?
Resolve : C'est peut-être la première fois que nos premiers choix
acceptent directement ! Quand un groupe programme une tournée, il fait
toujours un listing de groupes qu'il aimerait avoir sur la tournée. En
général, il faut beaucoup de chance pour que ça marche avec les premiers
noms. Alors sur notre liste, on s'était fait plaisir, on avait mis
Silent Planet. On les aime beaucoup, autant musicalement que
personnellement, ce sont des amis. On a tourné avec eux en Australie. On
s'était dit que c'était le groupe parfait à inviter, mais franchement, c'est
rare qu'un groupe américain accepte de venir passer 10 jours en France pour
ouvrir sur une petite tournée qui ne passe pas la frontière. C'est peut-être
une première d'avoir ce genre d'accord sur la scène metalcore française.
Silent Planet est un groupe qui passe rarement en France, donc j'espère que
les fans français seront contents et viendront nombreux ! Quant à
Spleen, on s'est aussi décidé rapidement. C'est un groupe talentueux
et qui monte bien en France, on aime beaucoup ce qu'ils font. En fait, il a
trop de groupes bien en ce moment en France ! On est chanceux. On a déjà eu
Ashen sur une tournée européenne en Janvier, Sunborn en
Europe. On a aussi pas mal joué avec Aurore l'an dernier. On ne
voulait pas faire de redite sur cette tournée, et on connait super bien
Spleen mais on n'avait jamais vraiment fait quelque chose ensemble. C'était
l'occasion, une évidence. C'est toujours important d'avoir un groupe
français en opener. Nous, on nous a tendu cette main à nos débuts, on a
ouvert pour LANDMVRKS ou Rise Of The Northstar par exemple en
Europe. C'est à notre tour maintenant de tendre cette main pour de nouveaux
groupes qui méritent aussi cette lumière. Il faut montrer que la scène
française s'exporte bien, et qui est diversifiée autant dans le style de
musique que dans les musiciens qui la composent. C'est super de voir de plus
en plus de groupes français sur des affiches de tournée à l'international
!
Interview : Margot Patry

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