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Live Report : Hellfest 2026 - Jour 4 (21/06/2026)


Le dimanche de ce Hellfest 2026 restera dans les mémoires comme le jour le plus chaud jamais enregistré pour un festival en France. Avec des températures allant de 45 degrés à l'ombre à 60 degrés relevés au soleil, le festival de l'Enfer n'avait jamais aussi bien porté son nom. Alerte rouge canicule sur la région oblige, les bars limitent la conso à des demis à chaque passage et des brumisateurs sont ajoutés sur le site devant les concerts. Un ajout limité qui n'empêche pas les nombreux malaises et coups de chaud, surtout de la part des personnes qui campent devant les scènes. Car l'affiche du jour est très lourde, si ce n'est la meilleure du festival, avec un excellent combo de metalcore qui nous a fait saliver d'excitation. Sur la même scène se croisent REVNOIR, Resolve, Architects et Bad Omens pour ne donner que quelques exemples…

La chaleur n'arrête pas la rédac' et on se pointe dès 10h30 devant les mainstages pour apprécier The Funeral Portrait. Mélange d'emo hardcore et de punk rock, les membres arrivent sur une reprise de "Mad World" de Tears For Fears, avant de rapidement enchaîner sur 6 titres de leur dernier album, Greetings From Suffocate City. Parmi ceux-ci, on peut noter leurs 3 singles les plus populaires en raison de featurings forts : "Holy Water" avec Ivan Moody de Five Finger Death Punch, "Dark Thoughts" avec Danny Worsnop d'Asking Alexandria et "Suffocate City" avec Spencer Charnas d'Ice Nine Kills. Le chanteur du groupe, Lee Jennings, n'hésite pas à faire passer des messages de bienveillance entre les morceaux et insiste sur le fait qu'il n'est pas obligatoire d'être beau pour être dans un groupe ! Des paroles qui sont accueillis par des applaudissements parmi les courageux spectateurs. À la fin du set, celui-ci va même prendre le temps de descendre dans la fosse pour discuter avec tout le monde, faire des photos et distribuer des bouts de setlist, et ce, pendant tout le set du groupe suivant sur la mainstage adjacente. Une intention vraiment sympathique !

Le groupe suivant en question n'est autre que Not Scientists, les rockeurs lyonnais. Ils présentent leur dernier album, VOICES, à l'image de "ENDGAME" qui démarre dès leur arrivée sur scène, mais sans occulter non plus leurs derniers succès comme le précédent opus Staring At The Sun, ou leur single le plus connu "Paper Crown" jouée au milieu de leur passage. C'est "Leave Stickers On Our Grave" qui conclut le set, un de leurs premiers morceaux. Un choix audacieux mais qui termine leur passage dans la bonne humeur. Le set aurait probablement eu plus de succès si la chaleur n'avait pas découragé une partie des festivaliers à venir tôt, c'est malheureux car on a tout de même passé un bon moment ! Mais pas le temps d'y réfléchir davantage car Revnoir se prépare sur la 2ème mainstage. Une première pour les Français, qui assurent malgré le stress ! Le groupe se concentre sur leurs titres qui bougent le plus comme "20mg" ou la récente "Alchemised" qu'on découvre en live. Pas mal de public s'est amassé devant la scène, un geste à saluer, le soutien fait plaisir à voir ! Beaucoup chantent à l'unisson, preuve que le groupe se fait de plus en plus connaître et que leur place est bien ici. Sur "Bang Bang", on observe même un des plus gros pits de la journée avec un super Wall Of Death. Courir sous la chaleur entassé avec d'autres, c'est une prouesse qu'on est pas prêt d'oublier... Le set reste un excellent souvenir et une belle démonstration de la puissance des Français, qui rassemble pas mal de monde dès le matin malgré les conditions difficiles !

On sourit au passage de tous les gens avec leurs petits chapeaux pointus, sûrement en chemin pour voir les belges de Gnome à la Valley, en attendant Resolve sur la mainstage. Ces derniers ne se font pas attendre longtemps. Les sets du matin sont courts : c'est frustrant quand on adore les groupes, et en même temps, ça s'enchaîne vite. Le célèbre morceau d'Edith Piaf, "non, je ne regrette rien", introduit toujours leur set et l'excitation monte. Les Français débarquent avec "Forever Yours" et tout le public s'enflamme - peut-être même littéralement, car le groupe n'hésite pas à utiliser des flammes qui jaillissent devant la scène qui nous réchauffent bien, comme si on en avait besoin ! Mais l'effet visuel est là, et c'est un set fort qui nous est présenté. La foule reprend en chÅ“ur la chanson "Smile" qui est toujours un vrai banger, et crie sa rage sur l'énergique "Molotov" qui entraîne le moshpit dans de nouvelles folies malgré le soleil au zénith. L'exigence musicale se fait sentir, et l'énergie communiquée au public ne retombe jamais ! La belle initiative à souligner ici également est la présence de deux traductrices en langage des signes qui se relaient durant tout le set. Un point d'inclusivité honorable, et Resolve est le seul groupe à avoir fait ce choix sur tout le week-end ! Leur court set se termine sur "Older Days", et tout le monde en redemande ! Une autre belle réussite sur la liste du metalcore français.

Si on sort de l'hexagone et qu'on va voir nos amis les anglais, c'est le metalcore de President qu'on écoute ensuite. Le groupe qui joue sur leur anonymité n'existe que depuis à peine 1 an mais prépare déjà la sortie de leur premier album, après le succès de leur premier EP sorti à l'automne dernier. Une explosion fulgurante pour un groupe qui avait été annoncé au Download l'année dernière quand personne ne connaissait encore le projet. C'est donc naturellement que le groupe s'exporte au Hellfest pour se présenter devant un large public après un (court) concert à Paris un peu plus tôt dans l'année. La formation joue l'intégralité de leur EP King Of Terrors, démarrant par "Fearless" et terminant par "In The Name Of The Father", leur premier morceau à être sorti. De plus, les 3 singles actuels qui figureront sur le prochain album, Blood Of Your Empire, sont joués, dont le petit dernier "DOOM LOOP" qui avait fait un démarrage remarqué en mai dernier en propulsant le groupe dans le top 10 du classement Hard Rock de Billboard. Sur scène, le "président", le chanteur se balade calmement de part et d'autre de son pupitre, et l'énergie n'est pas excellente. il faut dire que des cascades de sueurs tombent du masque et on peut facilement imaginer la difficulté de rester un set entier dans ces conditions. Honnêtement, ce qu'il nous reste du set, c'est que le masque est encore plus creepy en vrai qu'en vidéo !

Pas de problème pour les prochains sur la liste cependant, sont nommés : Black Veil Brides. C'est peut-être étonnant, mais c'est la première fois que la formation est présente à Clisson ! Leur dernier album Vindicate, sorti juste juste avant le festival, a été un des meilleurs succès du groupe sur ces dernières années, et la majorité des morceaux joués ce jour sont issus de ce nouvel opus. Cependant, le groupe n'oublie pas les classiques ! C'est sur un son d'orgue que les membres arrivent avant de lancer l'iconique "Knives And Pens", un choix audacieux mais qui permet de montrer l'évolution de leur talent depuis 2009, la chanson étant bien meilleure maintenant dans sa version revisitée pour le live plutôt qu'à l'époque. Cependant cela reste un excellent moyen de faire bouger et chanter tout le monde dès le premier morceau, car c'est l'un des morceaux que presque tout le monde connait quand on parle des américains ! Andy Biersack, le chanteur, n'hésite pas à blaguer sur la chaleur avec les festivaliers, ainsi que sur le fait qu'une partie du public pense probablement qu'ils sont nuls à cause de leur réputation ! Évidemment, celui-ci espère que tout le monde aura changé d'avis après le set. Le moshpit tarde un peu à démarrer, mais au moins la majorité chante sans retenue. Le premier circle pit démarre sur "Hallelujah" et ravit le groupe. Sans surprise, les meilleures réactions sont tout de même sur les plus anciens morceaux, comme "Rebel Love Song" ou "The Legacy", ainsi que leur plus gros classique "In The End" qui conclut le set sur un immense karaoke. Pour une première qui s'est longuement fait attendre, on n'a pas été déçus !

Autre plaisir adolescent de la journée : Three Days Grace ! La réunification du groupe avec Adam Gontier, leur chanteur originel, 12 ans après son départ, pour un nouvel album intitulé Alienation, a donné un nouvel élan au groupe et les a propulsé en France à plusieurs reprises depuis. Des concerts qui étaient les tous premiers du groupe dans l'hexagone malgré leurs 30 ans d'existence et de popularité ! Le Hellfest est donc leur première apparition en festival français après le Heavy Week End de Nancy qui se déroulait au début du mois de juin. C'est avec un vrai plaisir coupable qu'on chante les célèbres morceaux de l'album One-X de 2006, qui domine d'ailleurs ce set, tandis que la formation ne joue que deux morceaux de leur dernier opus ("Mayday", et Dominate" qui ouvre le set). Aux côtés des tubes "Animal I Have Become" ou encore "Never Too Late", on retrouve aussi "I Hate Everything About You", l'iconique single qui a lancé le groupe et leur premier album. Le public crie le refrain sans retenue et c'est toute une génération qui communie devant la mainstage en cet instant, jusqu'au dernier morceau, "Riot". Les deux chanteurs se partagent la scène et les morceaux de manière assez efficace tandis que les guitaristes innondent les premiers rangs de médiators durant tout leur passage, de quoi laisser de bons souvenirs aux fans. Un show qui manquait de surprise mais qui a sûrement amené de la nostalgie à beaucoup de monde !

Pour monter d'un cran, on enchaîne avec Architects, toujours sur la même scène. Les anglais concentrent leur set sur tous les singles autour de leur dernier album, The Sky, The Earth & All Between, avec quelques tubes plus anciens. La foule, qui s'était peut-être économisée sur les sets d'avant, est en folie et le moshpit est instantané. Avec un démarrage sur "Elegy" puis "Whiplash" qui annonce la couleur, le groupe enchaine avec la fameuse "Doomsday" et l'effet est immédiat. Malgré la chaleur accablante (on re-précise), l'énergie du public va rester incroyable jusqu'au bout. "Blackhole" finit de convaincre les plus réticents à se jeter dans le pit qui est l'un des, si ce n'est le plus grand pit de la journée. Clairement le set déménage ! On peut regretter quelques difficultés de la part de Sam Carter sur les fry screams, signe probable de fatigue, le groupe n'arrêtant pas de tourner. Malgré tout, les morceaux s'enchaînent à vive allure et on chante et crie à tour de rôle sur des morceaux comme "when we were young" ou encore sur le rappel, "Seeing Red" et "Animals" qui terminent le set en beauté. C'est toujours un immense plaisir de voir Architects, et malgré un chanteur un peu diminué, le groupe a clairement assuré !

Alors que se prépare l'une des têtes d'affiche du jour, on apprécie le punk rock de The Hives sur l'autre scène. Les suédois sont au Hellfest pour la première fois, et leur succès n'est plus à démontrer ! Ils arborent leurs costumes noir emblématiques, et ouvrent le set avec un single de leur dernier album, "Enough is Enough". La chanson éponyme "The Hives Forever Forever The Hives" conclura d'ailleurs le set un peu plus tard. Leur énergie est débordante et communicative et donne le sourire. Pendant "Tick Tick Boom", les musiciens font durer le morceau pour que le chanteur Pelle Almqvist puisse partir dans la fosse au milieu des spectateurs. Un peu loin de la barrière au moment de se remettre à chanter, on le voit courir vers la scène, hilare. Un bel échange avec leurs fans et un parfait exemple de la bonne humeur qui régnait pendant le show !

Place à un nom très attendu : Bad Omens. Le groupe, qui avait dû annuler leur venue sur l'édition 2024 du Hellfest suite à leur pause imprévue, compte bien se rattraper en offrant un show de qualité aux dizaines de milliers de personnes qui ont bravé la chaleur insoutenable pour les attendre. Et honnêtement, le show est absolument impeccable du début à la fin, si ce n'est peut-être une certaine retenue dans les interactions avec le public - même si c'est habituel pour eux désormais. Visuellement, les américains ont habillé la scène de multiples écrans suspendus qui font également office de stands pour leurs projecteurs personnalisés, à l'image de leur dernier passage au Zénith de Paris en décembre dernier. Cependant, et au contraire de la capitale, la scène ici est assez grande pour contenir l'ensemble de leur scénographie, pour notre plus grand plaisir. Les vidéos d'ambiance qui correspondent aux clips nous plongent dans leur univers, à l'image de "Specter" qui débute le set. Les 15 morceaux choisis pour ce soir constituent un bon mélange de leurs récents singles, de la majorité du succès THE DEATH OF PEACE OF MIND, ainsi que de surprises plus anciennes comme "Glass Houses", le deuxième morceau du set qui provient de leur tout premier album. Une grande partie de la foule chante à s'en écorcher les poumons sur les succès du groupes, comme "Nowhere To Go", "Like A Villain" ou l'icone TikTok "Just Pretend". Sur "V.A.N", Noah Sebastian chante les parties de Poppy et on apprécie la variante. Les moshpits se déclenchent tout de même sur les morceaux les plus violents comme "ARTIFICIAL SUICIDE" qui donne une furieuse envie de bouger. Musicalement et vocalement, c'est irréprochable. Peut-être que l'utilisation du feu est un peu excessive, le festival accompagnant les jets de flammes sur scène par des flambées sur tout le festival, qui est habituellement superbe, mais donne un peu envie de mourir à ce moment au vu des températures ! Après un dernier tour de chauffe du public, le groupe fait un rappel sur la violente "Dethrone" qui déménage une dernière fois, avant de quitter la scène quasiment sans saluer, ce qui amène une certaine confusion chez certains. Mais le set était clairement de qualité, du grand Bad Omens comme on pouvait s'y attendre !

Pour terminer le festival, c'est The Offspring qui a l'honneur de jouer le set de clôture sur cette édition 2026. Le punk-rock des américains, qui sévissent depuis bientôt 40 ans, met toujours de bonne humeur et fait facilement danser les spectateurs. Le groupe joue 17 titres qui balaie leur discographie et leurs plus grands succès, avec tout de même quelques surprises. En hommage à Ozzy Osbourne, ils s'adonnent à quelques covers telles que des parties de "Electric Funeral" et "Paranoid" de Black Sabbath, et le morceau "Crazy Train" de la carrière solo du Prince des Ténèbres. Pour rester dans les reprises, le groupe enchaîne avec leur version rock de "In The Hall Of The Mountain King" du compositeur norvégien Edvard Grieg, puis annonce vouloir le record du monde du "plus gros moshpit sur une chanson de Taylor Swift" en commençant à jouer "Love Story". Un choix surprenant mais qui séduit, et beaucoup se mettent à chanter et à sauter dans le pit avec le sourire avant de réaliser un wall of death à la demande des musiciens. Un moment assez fou qui reste l'un des faits marquants de la journée ! Le groupe termine le set avec "You're Gonna Go Far, Kid" et "Self Esteem" qui permettent au public de chanter les derniers morceaux de la journée avant de quitter la scène sous les acclamations qui durent. Le feu d'artifice étant annulé à cause de la canicule, on quitte le festival avec seulement la vidéo teaser qui défile sur les écrans et qui annonce l'édition anniversaire en 2027 avec ses dix scènes. Ça promet !

Report : Margot Patry

Photos : Garnet

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