Live Report : Hellfest 2026 - Jour 2 (19/06/2026)
Sur cette édition 2026 du Hellfest, le deuxième jour est le plus calme en ce qui concerne le metal moderne. Cependant, même s'il n'y a pas de quoi courir partout, de belles perles sont présentes sur l'affiche, notamment à la Warzone ! La chaleur continue de monter, et les premiers effets se font sentir sur la foule, avec les queues qui s'allongent sur les points d'eau et la première évacuation par hélicoptère au début de la soirée pour récupérer un festivalier malheureusement victime d'un infarctus. Comme tous les ans, les lances à incendie sont de sortie devant les mainstages et les brumisateurs du Hell City Square, à l'entrée du festival, font des heureux.
Vers midi, les espagnols de KILLUS débarquent sur la Temple pour
partager leur metal industriel bien énergique. Corpse paint et épaulettes Ã
plumes sont au programme, pour un set qui donne la pêche tant les membres ont
l'air contents d'être présents. Une joie qui se transmets facilement et donne
le sourire au public. Une demi heure de plaisir qui se termine par leur cover
de "Gimme! Gimme! Gimme! (A Man After Midnight)" d'ABBA, de quoi faire
chanter tout le monde avant leur départ. Dans le début d'après-midi, c'est au
tour de TesseracT de nous faire vibrer sur la mainstage en commençant
d'emblée par les deux premières parties de leur EP Concealing Fate :
"Acceptance" et "Deception". Une entrée en matière efficace pour les anglais
qui sont venus tout donner pendant 40 minutes. Un mélange habile de leur
discographie, avec seulement deux titres de leur dernier album, soit "Natural
Disaster" et l'éponyme "War Of Being" qui conclut le set. le public répond
présent et n'hésite pas à ouvrir le moshpit malgré la chaleur ; une constante
du week end qui fait plaisir !
Dès 15h, direction le stand de l'ONG Savage Lands, partenaire du
Hellfest ces dernières années. En effet, cette organisation qui lutte contre
la déforestation et pour la préservation de la biodiversité, organise un set
acoustique spécial avec les deux fondateurs, Sylvain Demercastel et
Dirk Verbeuren (par ailleurs batteur de Megadeth). Ils étaient
accompagnés par Alissa White-Gluz à la voix. L'ancienne chanteuse d'Arch Enemy
et ses deux compagnons du jour ont conquis le public avec un set intimiste,
tout en simplicité, n'hésitant pas à blaguer entre eux et avec les spectateurs
en français, tout en parlant des engagements de l'organisation. Un set qui a
ramené beaucoup de monde qui se compactait devant le petit stand, bloquant
presque la voie entre le camping et le festival ! S'en est suivi un Q&A
aux allures de conférence de presse publique où les membres développaient
davantage le projet. Un moment vraiment très sympa !
Mais pas de temps à perdre, car l'heure de Bloodywood sur la mainstage
approche. Le groupe, toujours empreint d'une énergie communicative, arrive sur
le tube "Dana Dan" et c'est déjà la folie dans le public. Pas de doute, le
groupe a vraiment un talent pour faire bouger tout une foule ! Les indiens ont
décidé de mélanger équitablement leurs deux albums, Rakshak et Nu Delhi.
Ainsi, on retrouve le featuring avec Babymetal sur "Bekhauf" et un
moment plus calme accordé par "Aaj" qui est très plaisante en live.
Raoul Kerr, l'un des chanteurs, n'hésite pas à prendre la parole, comme
à son habitude, pour porter un message de respect et d'égalité. Un set qui se
termine avec leur plus gros single, "Machi Bhasad (Expect A Riot)" et laisse
les festivaliers essoufflés d'avoir tout donné.
On enchaine directement à la Wazone par Dying Wish qui nous fait le
plaisir de venir présenter leur metalcore mélodique engagé pour la deuxième
fois à Clisson. Un set autoritaire qui a mis le bazar devant une scène qui
porte bien son nom. La part belle est faite à leur récent album Flesh Stays
Together, sans oublier les anciens morceaux qui remuent le plus, comme
"Cowards Feed, Cowards Bleed". Avec des sauts dans tous les sens et un
audacieux "Free Palestine" avant un breakdown au milieu du set, le groupe a
clairement (re)trouvé son public avec plaisir ! La suite de l'après-midi se
déroule tranquillement entre les brésiliens de Sepultura qui se
présentent pour la dernière fois en France pour de puissants adieux et les
suédois de Opeth qui nous en mettent plein les oreilles avec leur metal
progressif précis. Mais la soirée s'annonce un peu plus intense, avec
plusieurs groupes qui jouent en même temps…
On commence ici avec un retour en Warzone pour Malevolence. Le groupe
de hardcore anglais assure un set solide, mais qui favorise étrangement
davantage leur album de 2022 (Malicious Intent) plutôt que le dernier sorti en
2025 (Where Only The Truth Is Spoken), et qui préfère oublier leur dernier
single en date, "Silhouette". Malgré cette petite déception, le groupe assure
et présente tout de même les plus gros singles comme "Keep Your Distance", le
featuring populaire avec Bryan Garris de Knocked Loose, ou la fameuse
"Broken Glass". Clairement un moment qui déménage ! Pas de temps à perdre, car
la tête d'affiche du jour, Iron Maiden, a déjà commencé sur la
mainstage son (long) set de 2h10. 17 chansons qui mélangent habilement leur
discographie et qui voit apparaitre dès la première heure "Phantom Of The
Opera" et "The Number Of The Beast". La scénographie est toujours aussi
soignée, les classiques apparitions d'Eddy sont là , tout est calibré pour un
show exceptionnel, qui a certainement rendu jaloux les spectateurs de la
Défense la semaine suivante…
Mais même si les solos à rallonge et des titres comme "Fear Of The Dark" sont
séduisants, on ne peut pas louper La Dispute qui commence son set à la
Warzone avant la fin des légendes du heavy metal. Venus promouvoir leur récent
album No One Was Driving The Car, les américains entament directement avec le
single "I Shaved My Head" qui donne le ton. Leur univers spécial et leur
post-hardcore prenant fonctionnent en live, et pendant 1h, une vraie connexion
se forme avec le public. Les titres phares des précédents albums ne sont pas
oubliés, on écoute avec plaisir "King Park", "Andria" et même "Such Small
Hands" qui termine le set. Le sourire sur les visages membres du groupe ne
trompe personne : c'était un excellent moment pour tout le monde, et ça fait
toujours plaisir de les voir apprécier le public français ! Suite à ce set, il
reste à peu près 1h pour aller apprécier Sabaton sur la mainstage, et
sa... réplique de tank qui vole au milieu de la scène, la batterie par-dessus.
Clairement, les suédois ne sont pas venus ici pour blaguer ! Le dernier album,
sorti à l'automne 2025, mettait à l'honneur Napoléon entre autres. Jouant en
France, le groupe a donc invité un acteur déguisé en celui-ci pour le titre
"I, Emperor" et le public a repris avec lui La Marseillaise pour un beau
moment d'unité. Entre énergie débordante, flammes à tout va et feu d'artifice,
ils ont déroulé un set millimétré et qualitatif, marquant les esprits.
Sabaton, toujours une valeur sûre !
Enfin, pour terminer la journée, le dilemme est immense... Les trois groupes
qui jouent en même temps sont Ultra Vomit, The Dillinger Escape Plan, et
The Gathering. Un choix ardu qui se porte finalement sur le dernier
pour une raison simple : la reformation des néerlandais pour une tournée
avec le lineup originel célébrant les 30 ans de Mandylion était immanquable.
N'ayant pas pu nous rendre à la date parisienne, c'était l'occasion de se
rattraper ! Alors que le groupe s'avance sur le morceau éponyme et
instrumental, la clameur de la foule s'élève déjà , et on sent que c'était un
set attendu par beaucoup sous la Temple qui fini bien remplie. Tout l'album
est joué ce soir-là , à l'exception du morceau instrumental "Solar Glider" -
mais on ne regrette rien. La voix d'Anneke Van Giersbergen est
absolument impeccable et nous replonge dans l'enfance. En plus de cet album,
le groupe glisse un petit cadeau avec le morceau "Probably Built In The
Fifties" ainsi que les singles "On Most Surfaces" et "Saturnine" qui termine le set avec un karaoke géant. Honnêtement, on a
vécu un set émouvant et nostalgique, qui a marqué ce week-end comme un
moment spécial et marquant. Aucun regret sur le choix du groupe pour
terminer la journée !
Report : Margot Patry
Photos : Garnet

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